jungle des psysDans la jungle des thérapies, le patient erre, perdu dans la broussaille des disciplines mystérieuses, des fleurs parfois empoisonnées nommées gestalt ou hypnose, se cognant aux troncs massifs des dogmes pontifiants de la psychanalyse et de la psychiatrie, devant se nourrir de baies anxiolitiques et toxiques, tandis qu'il peine à retrouver le soleil du bien-être, écrasé sous la canopée noire de son mal-être.

Mais comme le patient qui cherche une thérapie est ce survivant du mal-être, tel un Bear Grylls forcé de manger des insectes et de fabriquer son lit dans la mangrove, il fera tout ce qu'il faut pour se sortir de ce bourbier de la dépression, du moins, ceux qui ont cherché "chercher le bon psy" sur Google et qui sont tombés sur ce blog. Les autres errent toujours et si dans vos pérégrinations, vous en rencontrez couverts de boue, le regard hagard et baragouinant un faible "à l'aide", vous pourrez les rediriger ici. Mais ne forcez pas celui qui a pris la jungle pour son habitat naturel à se sortir de là. L'Homme né perdu prend ceux qui cherchent pour des fous et rejette vivement toute preuve de l'existence d'un ailleurs et d'un autrement. Ne gaspillez pas votre énergie et utilisez toutes vos ressources à forger cette machette tranchante qui servira à se dégager des lianes du mensonge professionnel et de l'hypocrisie thérapeutique.

 

 

Chercher son psy sur internet

Vous pourrez ne pas être d'accord, mais un thérapeute que l'on ne peut pas trouver sur Internet a soit 96 ans, soit renconcé à toute forme de civilisation. Il peut être dangereux d'aller chercher son psy dans les régions reculées de l'Auvergne. Planqué sous sa yourte sans électricité, le psy soigne ses chèvres et leur offre toute l'affection que l'humanité (vouée à sa disparition prochaine), ne mérite pas. Trèves de plaisanterie, comment savoir qui est votre psy sans avoir entendu parler de lui? Internet est votre outil, alors par pitié (et par intelligence), même si vous n'y "connaissez rien", allumez la bête informatique et tapotez sur Google vos critères d'admissibilité.

Car vous, oui VOUS êtes le client. Le psy doit donc correspondre à VOS besoins. Il y a beaucoup de personnes qui cherchent à se soigner sans chercher la bonne personne. Ils se rendent dans des centres gratuits ou des hôpitaux psychiatriques et dociles, suivent la prescription du psy.

Mais je tape quoi sur google? "Bon psy"? Pourquoi pas. Vous tomberez sur des forums remplis de publicité déguisée. "Machin est génial", mais curieusement ce profil n'a posté qu'un commentaire sur l'ensemble du forum et il utilise un pseudo qui sert aussi sur un autre forum disant, comme c'est étrange que "Machin est formidable".

Mais sur ces forums, vous trouverez aussi des psys qui viennent faire leur pub honnêtement "Je suis Machin, j'ai un site". Et comme il n'y a pas 10000 façons de faire sa pub sur internet, ça n'est pas un crime. 

Tapez sur Google ce que vous cherchez "Psy femme spécialisée dans l'inceste". "Psy très cool et ouvert".

Puis consultez leur site web.

 

Les sites de psys

Vous pensez que votre petite voix intérieure est stupide mais pas du tout. La première impression doit agir comme un système d'alarme. Certes, ce système d'alarme ne signifie pas forcément "ce psy est dangereux", car sa photo peut très bien ressembler à une personne qui vous a fait du mal par le passé. Mais notez pour quelle raison vous n'aimez pas cette image, cette première impression. 

Plus le psy en dit, mieux c'est. Si le psy se répand en citations et en articles sans rien écrire de personnel, c'est aussi l'indicateur d'un type de personnalité. Si le psy remplit sa section "qui suis-je?" d'un curriculum vitae plus froid qu'un jour d'hiver à Yakoutsk, c'est pas génial. Si le psy prétend être quelqu'un de fiable uniquement parce qu'il copie-colle le code de déontologie du psychologue, c'est maigre. Si le psy dit "je suis spécialisé dans les thérapies brèves", lisez "Je suis vite gavé par les patients, j'aurais mieux fait de faire journaliste".

Mention spéciale Dalaï Lama, Jésus et Bouddha

Un nombre incroyable de thérapies se mélangent à de la spiritualité et de la religion. La religion c'est "croire", la thérapie doit être "savoir". Aucune vérité première ne doit remplacer votre vérité personnelle, la vérité de votre propre vécu et de votre propre histoire. Jésus a dit de pardonner. Oui. Et il est mort crucifié. Vous souhaitez guérir ou être cloué? Il y a des thérapies (comme celles de Martine Nisse) qui s'occupent des victimes de maltraitance et leur apporte aussi un soutien juridique, pour d'éventuelles démarchent de plainte, ou pour les mineurs, de placement, d'éloignement. Vous imaginez-vous dire à petit garçon "Pardonne à ton papa qui te viole"? Evidemment non. Alors pourquoi vouloir vous traiter différemment? Vos souffrances sont peut-être selon vous, moins graves (minimisation) que celles des autres, et néanmoins, si vous voulez vous soigner, il faudra les prendre au sérieux. Personne qui vous fait entrer dans une spirale de croyances, de pardon, de visualisation créative ne peut vous aider à connaître les véritables raisons de votre mal-être. Si vos parents détestaient "les enfants qui se plaignent", vous ne pourrez guérir avec un thérapeute qui préfère agir dans l'avenir plutôt que de ressasser le passé. Le passé cesse d'être ressassé dès lors que le corps l'a expulsé et se sente guéri. Si le passé vous revient dans la figure, sans cesse, et vous fait souffrir, c'est parce qu'au fond de vous, le petit enfant blessé crie qu'on l'écoute. QU'ON L'ECOUTE, pas qu'on lui ENSEIGNE.

 

Le psy gratuit

Si votre critère d'admissibilité est la gratuité des soins, je préfère vous prévenir d'avance, vous vous fourrez le doigt dans l'oeil jusqu'au coude, même jusqu'à l'épaule, bien que cette image soit dégoûtante.

Oui, gratuit c'est agréable, c'est même ce qu'on pourrait souhaiter de mieux dans ce monde, des psys gratuits remboursés par l'Etat, comme un droit à guérir (non pas un droit à se bourrer de cachetons fabriqués par les copains de Sarko). Le souci, c'est que les psys gratuits SONT NULS. (Un peu comme les écoles publiques ou les poètes RATP). Ils ont été formés à comprendre la neurologie, la biologie, à classer des symptômes sous des appellations, mais à vous faire aller mieux est le cadet de leur souci. Vous avez des crises d'hystérie et de soudaine dépression inexplicables? Ne comptez pas sur le psychiatre pour vous éclairer. Il connaît les effets, mais il ignore la cause. Il vous écoute désabusé pendant 15 minutes, tout en se disant "ça ne sert à rien de se plaindre comme ça mais bon, apparemment il en a besoin." Et il vous file sa petite ordonnance. Il est le grand manitou qui possède LES FEUILLES DE SOINS, le carnet d'ordonnance avec son ENTETE DESSUS (et comme il est fier!) et vous êtes la grosse merde qui lui permet de se payer ses vacances à Djerba.

Mais vous avez le droit de chercher un psy pas trop cher si vous êtes dans la mouise financière, tous ne sont pas des vautours prêts à fondre sur leur proie. Il est aussi possible de voir un BON psy, un peu trop cher pour vous, mais moins souvent. La régularité du travail est importante, mais vous pouvez aussi plonger dans des lectures entre deux séances, afin de continuer ce travail.

Il est bien-sûr possible de "tomber" sur un psy gratuit et pas nul. Oui vous pouvez aussi tomber sur les bons numéros à l'Euromillion.

 

Poser vos questions

Alors là, on va rire. Enfin pleurer je ne sais pas. Ici vous pouvez lire un excellent article d'Alice Miller qui explique comment chercher un psy et lui poser des questions. Je vous invite à aller le lire et à revenir ici ensuite, car ce qui suit est la mise en application de cet article et quelques retours des psys que j'ai eues (et qui valent le détour).

http://alice-miller.com/articles_fr.php?force=faq

 

Voici donc des exemples de questions que j'ai posées et des réponses que j'ai eues.

 

  • Laissez-vous la colère et la rage contenues du patient s'exprimer librement? (dans le respect de votre intégrité physique bien-sûr)
  • Orientez-vous votre thérapie vers le pardon ou le patient a-t'il le choix de ne pas pardonner à ceux qui l'ont blessé?
  • Orientez-vous votre thérapie vers la visualisation créative et positive ou respectez-vous la tragédie que le patient a vécu sans chercher à l'embellir ou la trahir?
  • Parlez-vous avec le patient?
  • Avez-vous vous-même été maltraité, de quelle façon et comment vous en êtes vous sorti?
  • Avez-vous conscience de ce que vos parents vous empêchaient d'exprimer? Quoi orécisément?
  • Pensez-vous reproduire l'attitude qu'avaient vos parents avec vous, avec vos patients?Comment évitez-vous cela?
  • Qu'est-ce qui vous a conduit à devenir thérapeute et à vouloir soigner les autres?
  • Connaissez-vous Alice Miller et si oui, qu'en pensez-vous et qu'avez-vous ressenti à la lecture de ses ouvrages?

 

Je ne peux pas donner de noms de thérapeute, car je pourrais être attaquée en diffamation, néanmoins, je vous donne des mots-clés qui vous permettront de les retrouver sur Google facilement.

 

Une dame qui est psychologue, psychanalyste et psychothérapeute (il manque juste psychiatre pour avoir la médaille) et qui souhaite accompagner celles et ceux qui le désirent à mieux se connaître pour mieux avancer. Son site regorge d'articles de blog écrits par elle au sujet de la psychanalyse.

Elle me répond: 

J'entends votre souffrance mais je pense que vous vous egarez avec vos questions. Il ne s'agit en aucun cas au psychothérapeute de se livrer mais à vous de pouvoir faire un travail efficace avec vous même pour ne plus souffrir. Et la confiance ou la méfiance envers le psychothérapeute doit pouvoir se parler librement avec lui.

--> J'aimerais beaucoup savoir comment je peux me sentir libre de parler de ma confiance ou de ma méfiance si je dois penser en même temps que "je m'égare avec mes questions".

 

Une dame, connue, qui est citée sur internet sur plusieurs blogs et qui parle d'Alice Miller et de thérapeutes à côté de la plaque en ce qui concerne le harcèlement, me répond:

j'ai pris connaissance de votre courrier et de vos demandes concernant une éventuelle thérapie. Vos questions sont bien-entendu légitimes et j'imagine l'importance pour vous de trouver le "bon" thérapeute sensible à la problématique que vous exposée. J'ai lu amplement Alice Miller et je m'inspire aussi bien de ses écrits que de ceux du psychanalyste suisse Arno Gruen ( dont un seul livre a été traduit en français) dans ma pratique. Reste qu'il ne me semble pas très approprié de répondre à toutes vos questions. chaque patient est singulier et les besoins varient dont certains de ces besoins peuvent d'ailleurs apparaître en cours de thérapie. c'est au thérapeute de savoir s'adapter. 

-->Oh la belle leçon de rhétorique. Vos questions sont légitimes, mais il ne me semble pas approprié d'y répondre. J'imagine l'importance que cela a pour vous de trouver le bon thérapeute, c'est au thérapeute de savoir s'adapter. Ouais ouais. Elle s'adapte bien à ma demande, ouais, on y croit.

 

Et de nombreux thérapeutes qui ont refusé de répondre à mes questions par mail et m'ont forcé la main pour que je les appelle (alors que j'avais précisé dans le mail que j'étais mal à l'aise avec le téléphone et que je préférais prendre le temps de lire les réponses pour avoir du recul et me faire mon opinion. Certains ont insisté "La confiance est la base de la relation", "Je ne peux répondre à vos questions que par téléphone". Pourquoi? J'ai bien peur de pouvoir répondre à cela: parce qu'il est extrêmement difficile de manipuler quelqu'un à l'écrit, alors que la douce voix, les "je comprends" (même quand la psy ne comprend pas), le silence qui pousse le patient à parler et à se trouver en situation d'infériorité, sont des manoeuvres aux conséquences catastrophiques. L'angoisse de parler au téléphone à quelqu'un qui vous manipule puet vous bloquer totalement dans votre liberté à poser vos questions. Tandis qu'une réponse pas appropriée et détournée peut être difficile à déceler.

 

J'ai fini par trouver quelqu'un de très ouvert et qui a répondu à toutes mes questions. Néanmoins, je ne suis pas certaine que ce thérapeute puisse vous correspondre à vous. Alors je ne me porte pas garante de cette personne et vous encourage à lui poser vous-même toutes les questions que vous voulez. Il dirigeait des cafés psycho sur Paris au centre halles. Vous le trouverez facilement sur Google.

 

Bonne recherche à tous, et n'hésitez pas à me faire part de vos retours, que je les publie.